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RC Pro obligatoire : qui est concerné et dans quels cas
La loi n’impose la RC Pro qu’à certaines professions. Pour les autres, ce sont les clients, les donneurs d’ordre et les appels d’offres qui l’exigent, souvent au dernier moment. Voici comment savoir où vous en êtes et ce qu’il faut vérifier dans le contrat.
RC Pro, RC exploitation : de quoi parle-t-on ?
La responsabilité civile, c’est l’obligation de réparer le dommage causé à autrui, que la victime soit votre client ou un tiers. La RC exploitation couvre les accidents liés au fonctionnement de l’entreprise : un passant blessé par une chute de matériel, le local voisin inondé. La RC professionnelle vise l’erreur, l’omission ou la négligence dans la prestation elle-même : un mauvais conseil, un calcul faux, une mise en œuvre ratée.
Les contrats du marché regroupent souvent ces volets, avec une RC après livraison pour les dommages causés par un produit ou un travail une fois remis au client. Le vocabulaire change d’un assureur à l’autre. Ce qui compte, ce sont les événements réellement couverts, les exclusions et le plafond de chaque ligne.
Les professions où la loi l’impose
Pour certaines professions réglementées, l’assurance de responsabilité civile professionnelle est une condition d’exercice, contrôlée par l’ordre, le barreau ou l’autorité qui délivre l’autorisation d’exercer. Sans elle, pas d’inscription, pas de carte professionnelle, ou des sanctions disciplinaires. La liste ci-dessous n’est pas exhaustive : d’autres métiers ont leur propre obligation, fixée par le texte qui les encadre.
Dans le BTP, l’obligation légale porte sur la responsabilité décennale (article L241-1 du Code des assurances), pas sur la RC Pro au sens large. Les architectes font exception : leur loi impose une assurance couvrant l’ensemble de leurs actes professionnels. Pour les autres entreprises de la construction, la RC Pro reste le plus souvent une exigence contractuelle, ce qui ne la rend pas moins indispensable.
- Avocats (loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, art. 27), notaires, commissaires de justice
- Experts-comptables (ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945, art. 17)
- Professionnels de santé libéraux et établissements de santé (Code de la santé publique, art. L1142-2)
- Agents immobiliers, administrateurs de biens et syndics (loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, art. 3)
- Intermédiaires en assurance (Code des assurances, art. L512-6)
- Architectes (loi n° 77-2 du 3 janvier 1977, art. 16)
Quand le client l’impose par contrat
Pour la majorité des entreprises, aucune loi n’impose la RC Pro. Le marché, lui, le fait. Une entreprise générale exige une attestation avant de signer un contrat de sous-traitance. Un acheteur public la demande dans le dossier de candidature. Un bailleur l’inscrit dans le bail commercial. Un client industriel fixe un plafond minimum par sinistre dans ses conditions d’achat.
L’obligation est alors contractuelle : ne pas pouvoir produire l’attestation vous coûte le marché ou vous met en faute vis-à-vis du client. Le bon réflexe est de lire les clauses d’assurance avant de signer, puis de vérifier que vos plafonds, vos activités déclarées et votre zone géographique y répondent. Mieux vaut le faire avant de répondre à l’AO qu’après l’avoir remporté.
Sur le BTP : RC Pro, décennale et TRC
Un chantier mobilise plusieurs contrats qui ne se remplacent pas. La décennale couvre, pendant dix ans après réception, les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (articles 1792 et suivants du Code civil). Elle est obligatoire : vous devez la justifier à l’ouverture de chaque chantier et pouvoir le faire pour toute candidature à un marché public (article L241-1 du Code des assurances).
La RC exploitation et professionnelle couvre ce que la décennale ne vise pas : la canalisation du voisin percée pendant les travaux, un passant blessé, un préjudice financier causé au client. La TRC, facultative, couvre l’ouvrage en cours contre les dommages accidentels jusqu’à la réception. Côté maître d’ouvrage, la dommages-ouvrage préfinance les réparations relevant de la décennale.
Devis, factures et attestations
Les entreprises artisanales et les micro-entrepreneurs dont l’assurance professionnelle est obligatoire doivent l’indiquer sur chaque devis et chaque facture, avec les coordonnées de l’assureur et la couverture géographique du contrat (article L132-1 du Code de l’artisanat). Pour la décennale, la règle va plus loin : l’attestation d’assurance est jointe aux devis et factures (article L243-2 du Code des assurances).
L’attestation doit coller à la réalité : activités couvertes, période de validité, plafonds. Une attestation qui ne mentionne pas le lot réalisé ne protège ni vous ni votre client, et bloque souvent l’entrée sur le chantier. Chez Clovis, les attestations sont délivrées dès que le contrat est en place et les informations fournies.
Plafonds, franchises, exclusions : ce qu’il faut lire
Un plafond s’exprime par sinistre et souvent par année d’assurance : si plusieurs réclamations tombent la même année, elles consomment le même montant. Regardez aussi les sous-limites : dommages immatériels non consécutifs, biens confiés, atteintes à l’environnement, frais de dépose et repose. C’est souvent là que la somme réellement disponible fond, bien en dessous du plafond affiché en première page.
La franchise reste à votre charge sur chaque sinistre. Côté exclusions, retenez les classiques : le coût de reprise de votre propre prestation, les pénalités de retard contractuelles, les amendes, la faute intentionnelle. S’y ajoutent souvent les activités non déclarées et les exportations vers l’Amérique du Nord, à traiter à part.
Base réclamation ou fait dommageable
Une garantie de RC est déclenchée soit par le fait dommageable, soit par la réclamation (article L124-5 du Code des assurances). En base fait dommageable, le contrat en vigueur le jour de l’événement répond, même si la victime se manifeste des années plus tard. En base réclamation, le contrat répond aux réclamations reçues pendant sa durée, puis pendant un délai subséquent d’au moins cinq ans après sa résiliation, pour des faits antérieurs à celle-ci.
Le piège : changer d’assureur ou cesser l’activité sans regarder comment les contrats s’enchaînent. Le nouveau contrat ne couvre pas un fait que vous connaissiez déjà à la souscription. Avant toute résiliation, faites le point sur les dossiers en cours et les chantiers sensibles. La décennale suit sa propre règle : la garantie est maintenue pour toute la durée de la responsabilité décennale (article L241-1).
Préparer le dossier et placer la garantie
Une RC Pro bien placée part de l’activité réelle, pas d’un intitulé générique. Préparez la description précise des métiers et des lots, le CA par activité, la part sous-traitée, la zone d’intervention, les exigences d’assurance de vos principaux contrats et l’historique des sinistres. Plus le brief est précis, plus la cotation est rapide et moins il reste de zones grises au sinistre.
Un courtier vous répond sous 1 jour ouvré après un brief exploitable. On consulte alors des porteurs qui écrivent vraiment votre classe de risque, dans le BTP comme ailleurs, et on vous remet un comparatif clair : garanties, plafonds, franchises, prime. Un courtier nommé suit ensuite le dossier : attestations, avenants, renouvellement et sinistres jusqu’à leur clôture.
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FAQ
Questions fréquentes
Un micro-entrepreneur doit-il souscrire une RC Pro ?
Seulement si son métier l’impose, comme pour les professions réglementées. Pour des travaux de construction, c’est la décennale qui est obligatoire, pas la RC Pro. Mais un seul sinistre corporel peut coûter bien plus qu’une année de chiffre d’affaires, et beaucoup de clients demandent l’attestation avant de commander.
Que risque-t-on à travailler sans assurance obligatoire ?
Cela dépend du métier : refus ou retrait de la carte professionnelle, suspension, sanctions disciplinaires. Pour la décennale, le Code des assurances prévoit jusqu’à six mois d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (article L243-3). Et sans assureur, c’est l’entreprise qui indemnise la victime sur ses fonds propres.
La RC Pro paie-t-elle pour refaire un travail mal exécuté ?
En règle générale, non : la reprise de votre propre prestation reste à votre charge. La RC Pro indemnise les dommages causés aux autres. Sur le BTP, les désordres graves après réception relèvent de la décennale, et les réserves de réception de la garantie de parfait achèvement, due par l’entreprise pendant un an (article 1792-6 du Code civil).
Sous-traitant : quelle attestation fournir à l’entreprise générale ?
Celle qu’exige votre contrat de sous-traitance, en général une attestation RC et, pour les lots concernés, une attestation décennale. Elle doit citer les activités que vous réalisez réellement sur le chantier, avec des plafonds au moins égaux à ceux demandés. Vérifiez ces exigences avant de signer, pas la veille du démarrage.
Je change d’assureur : qui couvre mes anciens chantiers ?
Pour la décennale, c’est l’assureur en place à l’ouverture de chaque chantier qui reste tenu. Pour la RC, tout dépend du mode de déclenchement des deux contrats. Avant de résilier, on vérifie l’enchaînement des garanties et on déclare à l’assureur actuel les faits déjà connus, pour qu’aucune réclamation ne tombe entre deux contrats.
Combien de temps pour obtenir une attestation ?
L’attestation est délivrée dès que le contrat est en place et les informations fournies. Si rien n’est encore placé, il faut d’abord placer la garantie : un courtier vous répond sous 1 jour ouvré après un brief exploitable, et le délai de placement dépend ensuite de votre activité et de votre historique.